Fashion Week de Paris : le top départ est lancé
Auteur: Vincent Perceval
Date: 29/09/15
Fashion Week de Paris : le top départ est lancé

Après New-York, Londres et Milan, la Fashion Week consacrée au collection de prêt-à-porter du printemps-été 2016 pose ses valises à Paris pour plus d’une semaine de défilés. Avec plus de 90 défilés et autant de présentations, la capitale française fait office de mastodonte en accueillant les plus grands noms du milieu.

Ordinairement consacrée à la jeune création, la premier journée fait souvent exercice d’entrainement. La deuxième collection présentée à Paris de la maison Nehera, marque créée dans les années 30’s, depuis son retour sous le coup de crayon de Samuel Drira, permet ainsi une entrée toute en douceur. Assez sobre et ultra minimaliste, la collection joue les intellos pincés. Son créateur cherche avant tout à intellectualiser le vêtement pour lui donner plus de force et de caractére. Costumes version XXL, combinaisons ultra amples et jeux de superpositions habillent ainsi la femme d’une véritable rigueur protectrice. 

Léa Peckre, lauréate du Prix des Premières collections de l’ANDAM 2015, s’inspire quant à elle de « l’aridité poussiéreuse et étrangement sensuelle des paysages » du film de science-fiction de David Lynch « Dune » pour mieux faire ressortir l’esprit de contradiction qui l’anime. Entre rigueur et délicatesse, la jeune créatrice, toujours très discrète, exprime ainsi une sensualité à fleur de peau dans des robes et jupes en mousseline plissée où de multiples voilages transparents viennent encanailler le tout. En opposition, elle renforce la silhouette dans des vestes en denim japonais, ceinturées pour une allure plus guerrière et cohérente. Le tissus devient ainsi le coeur des contrastes.
 
 
Cette première parenthèse pleines de saveurs nous conduit tout droit chez deux créateurs aux univers bien différents. Le premier Jacquemus est connu pour son minimalisme apparent et son goût inné de la femme enfant. Pour son été 2016, le créateur, toujours vêtu de blanc, ne déroge pas à la règle et plonge la femme dans une insouciance assez idyllique. Découpée, collée, gribouillée ; chaque pièce est un puzzle tout droit venu de l’imaginaire d’un enfant. De ces formes géométriques et contrastes de couleurs, le vestiaire multiplie les asymétries et les imperfections en guise de nouveaux classiques. Les effets noués ou le côté oversizes des choses n’effraient plus personne. On est dans un rêve dont l’enfance est la maitresse des lieux et quoiqu’il en soit, si les vêtements laissent parfois à sourire, il est certain qu’ils trouverons tous preneur. 
 
 
De son côté Anne Sofie Madsen, d’origine danoise, se la joue plus excentrique dans une collection très underground. Laissez tomber l’insouciance ; on est passé au stade de la provoque. Robes façon porte jarretelles, bottines à plateformes, et manteaux revisités en combi oversize, la dégaine est clairement urbaine. Le denim devient ainsi un indémodable alors que les pulls en transparence jouent de glamour. Une femme qui s’aime et que l’on aime. 
 
 
Coutumier des prouesses technologiques, le créateur Kunihiko Morinaga à la tête de la griffe japonaise Anréalage propose une véritable expérimentation sur le vêtement. Invitant chaque personne présente à utiliser le flash de leur mobile aux passages des mannequins, le créateur incite le public à voir ses créations dans une toute autre dimension. A premier vu, les vêtements sont noirs, gris ou blancs et marquent principalement par leurs formes très travaillées dans un effet d’opposition tel un miroir. Mais au passage du flash, chaque création prend vie dans de nouvelles couleurs et motifs. Le pied de poule apparait sur une robe aux épaules marquées de cols de chemise alors que les mailles deviennent de véritables kaléidoscopes.
 
 
Photos : Percevalties