Fashion Week Spring Summer 2016 : Zoom sur New-York !
Auteur: Vincent Perceval
Date: 19/09/15
Fashion Week Spring Summer 2016 : Zoom sur New-York !

En ce mois de toutes les rentrées, New-York fait figure de bonne élève en inaugurant la première semaine de la mode consacrée au prêt à porter féminin de l’été prochain. Du 10 au 17 septembre dernier, la ville américaine a ainsi succédé les défilés et présentations avec pas moins de 300 événements entièrement consacrés aux tendances de l’été 2016.

Riche en émotions et nouveautés, la Fashion Week newyorkaise marque un nouveau tournant en inaugurant sa première édition après le retrait de son sponsor historique Mercedes-Benz. Finie la "Mercedes-Benz Fashion Week" donc, place désormais à la "New York Fashion Week: the shows". Ce nouveau nom est aussi l’occasion de changer de cadre en abandonnant les tentes du Lincoln Center pour émigrer plus au sud de Manhattan, dans l’ancienne poste Moynihan Station et à Clarkson Square à Soho. 

 
De birthday en birthday
 
Avec cette parfaite cure de jouvence, la Fashion Week New-yorkaise se prête aux jeux des anniversaires. Si Hervé Léger fête ses 30 ans avec une collection ultra sexy et moulante, ou que Betsey Johnson souffle ses 50 ans dans la mode, c’est surtout les 10 ans de la marque éponyme d’Alexander Wang qui ont fait sensation. Après avoir annoncé son départ de Balenciaga en juillet pour se consacrer entièrement à sa marque, il était clairement attendu au tournant. Alors que sa maison suit une ascension continue, sa collection a ainsi su marquer les esprits par l’univers toujours très streetwear de son vestiaire. Sweat-shirt et autres Tee-shirt longs sont donc à cultiver au quotidien.
 
 
Dans la même lignée des temps forts, le défilé Givenchy a déplacé les foules. Ouvert à plus de 1000 invités et anonymes, la maison française a présenté un show voulu comme une véritable célébration de l’amour. Le choix de défiler un 11 septembre n’est pas en reste et envoie un message certain au Monde. Dans un jeu de noir et blanc, la collection se veut romance dans une délivrance de dentelles et de soies légères. Transparences, drapés et légèretés déstructurées ponctuent la silhouette en contraste aux multiples smockings plus stricts qui habillent aussi bien l’homme que la femme. Célébrant les 10 ans de créations signées par Ricardo Tisci, le défilé met aussi en exergue la couture dans des make-up bariolés de bijoux, perles et empiècements de cuirs pour un show événement.
 
 
L’Amérique, pays du sportswear
 
Si Hood By Air continue de prôner une mode bien radicale dans un vestiaire aussi androgyne qu’improbable, d’autres maisons comme Lacoste revendiquent un sportswear beaucoup plus sage mais tout autant olympique. Un an avant les jeux de Rio, la célèbre marque au crocodile inaugure l’événement avant l’heure et s’en inspire hautement. Avec ses vêtements ultra légers aux coupes géométriques, Felipe Oliveira Baptista réussit encore une fois à concilier élégance sportswear et modernité dans un jeu de couleurs en hommage aux drapeaux du monde entier. Une belle introduction pour l’équipementier qui habillera l’équipe de France.
 
 
 
Moins connu du grand public mais pourtant créatrice en devenir, Rosie Assoulin réussit de saisons en saisons à se faire une place et un nom sur la scène mode. Avec un vestiaire aussi sophistiqué que sensuel, la créatrice fait le pari de la fonctionnalité en arborant des coupes assez fluides et des matières de confort. Au delà de ces éléments, elle aime surtout jouer sur ses inspirations. L’été 2016 donne ainsi place à des silhouettes sorties de la piscine. Robe de cocktail au détail de bikini ou maillot de bain façon top, le tout est de s’exalter derrière une féminité pleinement revendiquée. 
 
 
Glamour à Hollywood
 
Véritable trublion de la mode, Jeremy Scott ne cesse d’implanter dans ses travaux une vision aussi pop que délurée dont il a seul le secret. Pleine de malice, chacune de ses interventions fait acte de succès commercial ; élément rare pour une mode pourtant osée. Fidèle à lui même, le créateur propulse donc le vestiaire de son printemps-été 2016 en plein dans les années sixties et fait renaitre non sans effets acidulés les héroïnes peroxydées des meilleures séries B. Entre Marilyn Monroe et Katy Perry, la collection multiplie les crop-tops et mini-jupes façon rubik’s cube. Il y a dans l’impertinence de Jeremy Scott une véritable force au plaisir qui pousse indéniablement aux sourires et au bien être : une mode qui fait du bien. 
 
 
Non sans être glamour mais plus proche des séries de fiction, Marc Jacobs exploite d’avantage le filon du cinéma hollywoodien en guise de dernier frisson. Réquisitionnant pour l’occasion le Ziegfeld Theater, l’un des derniers cinémas à salle unique de la ville, le créateur se la joue cinéphile avec un défilé façon Avant Première. Dans une atmosphère inspirée de l’après guerre, Marc Jacobs mélange matières et motifs derrière des coupes rétro et des influences bien pop-art. Le style est fantasque, paré de mille couleurs avec des associations improbables et des volumes bien extravagants. Le regard ne sait plus où se porter. Il réclame un écran en noir et blanc pour se reposer. Cependant quelques ensembles plus classiques agissent comme garde-fou limitant l’allure à une folie passagère.