Une mannequin noire en couverture de Vogue Mai 2015
Auteur: Chris B.
Date: 21/04/15
Une mannequin noire en couverture de Vogue
Mai 2015

La mannequin Liya Kebede est en couverture du Vogue Paris du mois de mai 2015. Cela fait 5 ans qu’une femme noire n’était pas apparue en Une de ce magazine de mode.

 

 

 

 

La couverture de Vogue est présentée comme un événement. Un événement là où il ne doit pas y en avoir. C’est ce que nous a affirmé Stéphanie Lefebvre, assistante de publicité du magazine :

Le choix de Liya Kebede en Une n’a pas fait débat. Il correspond à la ligne éditoriale du magazine… c’est à dire suivre les tendances de la mode. Il ne s’agit pas d’un choix politique.

Pourtant, durant 60 numéros, aucune femme noire n’a fait la couverture du mensuel. Et la version française n’est pas une exception. En quinze ans, seulement deux mannequins noires ont figuré en couverture du Vogue UK, Jourdan Dunn en février 2015, et Naomi Campbell en 2003.
Des décisions éditoriales souvent influencées par une logique commerciale, et un lectorat féminin conservateur, à dominante blanche.

En 2012, sur ce sujet, une tribune "À quand une femme noire en couverture de « Elle » ?", publiée dans LeMonde.fr, a été écrite par Audrey Pulvar, et signées par plusieurs personnalités, comme Sonia Rolland, Rokhaya Diallo, Aïssa Maïga, Harry Roselmack, mais aussi Charles Tesson, Clémentine Autain, Fred Royer, …

Une revendication qui ne se limitait pas au simple cercle communautaire, et qui a permis une prise de conscience.

Comme dans les représentations publicitaires et les pages presse, la place de la femme noire est aussi marginale dans les défilés Haute Couture.
En février 2013, d’après une étude du Magazine JEZEBEL, 82,7% des mannequins qui défilait durant la Fashion Week, étaient blanches. Seulement 6% étaient noires.
C’est le pourcentage le plus bas depuis Hiver 2008.

En réaction à ce conformisme, certains acteurs de la mode n’hésitent pas à réaliser des opérations coups de poings.
C’est le cas du créateur Rick Owens, qui a fait sensation lors de la dernière Fashion Week. Son défilé était exclusivement composé de mannequins afro-américaines, pratiquant une danse urbaine, le stepping.

Il n’est pas seul. En 2013, les mannequins Naomi Campbell, Iman Bowie, et Bethann Hardison – une directrice d’agence – ont publié une lettre ouverte choc, reprise par ABC News.

La représentation de la femme noire dans le milieu de la mode est un débat sans fin, mais les lignes bougent.
Comme ça été le cas à la fin des années 70, avec l’apparition des icônes. Des icônes de beauté qui dépassaient le simple fait de la couleur de peau.
Parmi elles, on peut citer : Naomi Sims ou Grace Jones.

Aujourd’hui, on assiste au retour de ces icônes. C’est le cas de l’actrice Lupita Nyong’o, élue plus belle femme du monde en 2014 et égérie de Clavin Klein.
Ou la chanteuse Rihanna, première égérie noire de la marque Christian Dior.



Lupita Nyong'o & Rihanna

 

La jeune mannequin noire Jeannie Samnick, confirme cette tendance :

Depuis une dizaine d’année, c’est le phénomène des It-Girls. Des filles qui racontent une histoire, et qui nous paraissent plus réelles, physiquement. On utilise de moins en moins des filles stéréotypées, mais plus des filles qui buzzent : Kim Kardashian, Rihanna, Chantelle Brown Young.

 

Alors l’avancée de la femme noire dans le monde de la mode, coïncidera avec la vision de la mode de demain, moins élitiste, plus de proximité.