Théo Haggai : interview d'un artiste à suivre.
Auteur: Nina Gosse
Date: 16/02/13
Théo Haggai :
interview d'un artiste à suivre.


Découvert parmi les artistes présentés actuellement à la galerie parisienne Nicolas Hugo (la nouvelle galerie de St Germain où on se doit de se précipiter), j'ai imméditament eu envie de vous faire découvrir un artiste sur lequel on mise sans hésitation.


Dans l'ère du temps tout en étant singulier, on aime son coup de crayon insatiable et son empreinte toute personnelle sur une infinité de supports.


Il est maintenant l'heure de faire les présentations.

 

 

- Qui est Théo Haggai ? Et en trois mots seulement ?

Je suis un torturé du cerveau, impatient, et un éternel insatisfait. En trois petits mots ? Petit, barbu et bientôt chauve.

- Quel est ton parcours, et d'où t'est venue l'envie de te mettre au dessin ?

J'ai commencé par la photo, j'en ai fais pendant 3/4 ans, j'étais persuadé de pouvoir faire un truc de ma vie avec ce média... Puis j'ai réalisé que d'autres avaient plus de talent que moi y compris dans ma région, Brice (Portolano), si tu nous lis... Je fais des études de communication visuelle, pour moi le dessin n'était pas source de plaisir mais j'avais envie d'apprendre, en février 2012 j'ai gribouillé un personnage sur le coin d'une feuille pendant un cours. Là, ça m'a plu, j'étais content de ce que je venais de dessiner alors j'y ai pris goût, j'ai continué et je continuerai...!


- Penses-tu pouvoir définir ton style ? Comment travailles-tu ? Quelles sont tes inspirations et tes références ?

C'est dur de définir son propre style graphique... Mais j'aime bien l'idée de dire que mes dessins sont l'interprétation de mon inconscient ou d'une image que j'ai vu la journée et que je retranscris sur le papier. Quand je dessine c'est jamais par obligation, juste par envie, ça peut être à n'importe quel moment. Je préfère être seul quand je crée mais souvent avec de la musique... Je travaille vite, je n'aime pas passer plusieurs jours sur la même chose, je suis impatient de voir le résultat alors des fois je me précipite à passer une deuxième couche et là... je foire tout. Tant pis pour moi, ça m'apprendra. Keith Harring et Jean Michel Basquiat sont des sources d'inspiration inépuisables pour moi et pour créer j'ai besoin d'avoir une multitude d'images sous les yeux, les oeuvres de ces artistes en font plus que partie. J'aime aussi la pureté et la simplicité travaillée des dessins de Jean-Charles de Castelbajac.
 

- La photographie c'est finie ? Utilises-tu parfois propres photos comme support ? Songes-tu à animer ton héros en stop motion ?

Je n'ai pas envie d'arrêter la photo, ça me plait toujours autant mais je souhaite l'aborder d'une autre manière. Donc oui, je me dirige vers l'utilisation de mes photos pour y introduire mon univers graphique. J'en suis au balbutiement pour l'instant j'en utilise très peu, je ne suis pas encore dans la bonne approche : faire la photo en fonction de ce que je souhaite y dessiner. Concernant un stop motion ou quelque chose d'animé, si j'ai de la chance ça viendra, mais pour l'instant je n'y pense pas.


- Tu déclines toujours le même personnage, il a un petit nom ? Pourquoi ce choix ?

Là c'est sensible... Je dessine toujours le même personnage même si j'aime lui trouver d'autres attributs où on le reconnait moins. Concernant son nom, pour l'instant non, j'hésite encore un peu, je ne sais pas s'il en a besoin et/ou envie... Alors on verra peut être plus tard, pour l'instant "bonhomme" lui convient, il ne se plaint pas trop. J'ai quand même des idées pour un petit nom... Suivez son actu, peut être qu'un jour ou l'autre il s'appellera.


- Que cherches-tu à susciter en dessinant ?

L'interrogation du spectateur. L'idée que chacun puisse se raconter une histoire à partir d'un de mes dessins me plait énormément. Je sais que la plupart du temps mon personnage est triste ou surpris mais il ne faut pas y voir la transmission d'une certaine tristesse intérieure. Moi qui le connait assez bien, il est plutôt heureux.


- Quelles sont tes actus et prochains projets ?

J'expose jusqu'au 25 février à la Galerie Nicolas Hugo, c'est une exposition collective sur le thème "Freaks". En mars je participerai à la nouvelle exposition de Nicolas Hugo, j'y présenterai des travaux différents basés sur le détournement de photo de magazine. J'expose le 28 mars à la 28thBox à Aix-en-Provence, un petit concept store tenu par des copains très cools. Pour l'occasion on risque de produire une série limitée de tee shirts avec un visuel que j'ai créé... ça sera bien et beau comme tout le reste de mes actualités. J'ai aussi des contacts pour faire quelque chose pendant la Festival International du film à Cannes, mais pour l'instant rien de bien arrêté alors je reste discret là dessus. Après comme on dit "qui vivre, verra". Je ne sais pas à quoi je dois m'attendre et ça, c'est plutôt plaisant, motivant mais aussi bien sur déroutant.
 

  

 

L'interview très (in)utile :
 

- La convention sociale qui t'effraie plus ?

Le vouvoiement, c'est dommage. Moins il y aura de barrières verbales entre les gens, plus ils échangeront.

- Où a-t-on le plus de chances te croiser ?

Sur internet sûrement... Physiquement dans le sud pour l'instant, mais en espérant que je sois de plus en plus visible sur Paris... L'attrait de la capitale se fait de plus en plus plaisant.

- La première chose que tu fais en rentrant chez toi ?

Je dépose dans l'entrée les différentes choses que j'ai trouvé dans la rue sur lesquelles je pourrai peindre. Ca peut être des cartons, des planches de bois, des portes.

- La meilleure ou pire chose qu'on ait dite sur ton travail ?

"Tout le monde peut le faire" pour la pire, ce à quoi je réponds "oui, mais moi au moins, je le fais". Sinon la meilleure chose : quand on parle de mon travail en faisant référence à des grands noms comme Haring.

 

Pour en découvrir plus : son site