La nouvelle vague Sud-Coréenne Les films emblématiques
Auteur: Chris B.
Date: 21/01/13
La nouvelle vague Sud-Coréenne
Les films emblématiques

A l’occasion de la sortie de « L'ivresse de l'argent » de Im Sang-Soo, Empreintes Digitales revient sur les films qui ont marqué la naissance de cette nouvelle vague Sud-Coréenne.

Des films à voir et revoir. Le cinéma le plus retentissant, le plus éclatant, le plus éblouissant, le plus fracassant de ses dix dernières années.

 

 

 

 

Du Grand Prix au Festival de Cannes en 2004 pour Old Boy de Park-Chan Wook au Lion d'or à La Mostra de Venise pour Pieta de Kim-Ki Duk.

En seulement 10 ans, l'Asie dont on ne connaissait qu'une vague histoire cinématographique, notamment grâce au Japon et de rares cinéastes chinois (Wong Kar-Wai, John Woo, Imamura, Kitano, Ozu, …) ; s'est découvert une pépite d'or dans le mouvement de La nouvelle vague Sud-Coréenne. Des auteurs singuliers et originaux qui ont redéfini les codes du cinéma contemporain, qui ont réussi à tuer l'héritage de leurs ainées comme Yu Hyun-mok.

L'originalité et le génie de cette mouvance résident dans sa capacité à absorber les principales astuces du cinéma américain (notamment pour ses thrillers); de la singularité française (dans sa poésie), on connait l'admiration de Park Chan-Wook pour Bunuel, celle de Hong Sang-Soo pour Rohmer ou encore Kim Ki-Duk pour Godard ; ou encore du minimalisme asiatique.

En se servant de cette faculté à assimiler des genres emblématiques de l'histoire du cinéma, tout en explosant ce qu'on pourrait appeler l’efficacité narrative. Ces réalisateurs ont réussi à créer un genre. Dans ce mouvement, c'est le genre qui prime. Et quel genre ? La mixité des genres ; on n'avait jamais vu cela ailleurs.

Tout en s'abreuvant de toute une partie du cinéma occidental et asiatique ; ils ont réussi à transcender, transporter, transpercer, transmuter, transformer...

 

Petit retour sur 15 ans de cinéma et 8 films sur un mouvement déjà emblématique.

 

  • Park Chan Wook – Thirst, ceci est mon sang

 

Park Chan Wook, c'est le fer de lance de cette mouvance. Il a ouvert le cinéma Sud-Coréen au grand public avec sa trilogie sur la vengeance.

Thirst, ceci est mon sang, est le huitième film du cinéaste. Il précède son premier film américain du cinéaste Stocker et fait suite à une comédie romantique burlesque Je suis un cyborg.

Ce film est assez représentatif de la force de ce cinéma. Prix du Jury à Cannes, 2009

 

             

 

 

  • Bong Joon-Ho – Memories Of Murder

 

Protégé de Park Chan-Wook. De cette Nouvelle Vague, c'est celui qui bénéficie du plus grand succès en Corée, notamment grâce à son film The Host. Il conjugue science-fiction, enquête policière et point de vue critique. C'est le plus brillant metteur en scène de cette génération.

Memories of Murder est seulement son deuxième film. Il fait date dans l'histoire du cinéma contemporain.

 

 

 

  • Hong sang-soo – Ha Ha Ha

 

Hong Sang-Soo, le cinéaste Sud-Coréen, le plus apprécié en Europe nous sert son petit film par an depuis près de dix ans. Très rohmérien, ses problématiques et névroses sont à peu près toujours les mêmes : la lâcheté des hommes, la perte de repère, avidité, les bitures au Soju, … .

Dans une économie de mise en scène et d'épuration, comme Kitano au Japon, son cinéma est très peu reconnu dans son pays d'origine et sa renommée n'est dû qu'à l'admiration que lui porte la critique Européenne. Il faut l'avouer, son style est tout de suite identifiable, reconnaissable, mais très singulier et atypique. Il s'est même payé le luxe de faire un film avec Huppert. Rien que pour ça, je lui fais ma révérence.

 

 

  • Na Hong-jin – The Chaser

 

En seulement deux films, ce jeune réalisateur a réussi à s'imposer. Tous les deux sélectionnées au festival de Cannes, ces films sont des thrillers mélodramatiques haletants, qui n'ont rien à envier aux maîtres américains du genre. Il se différencie par son humour noir et sa violence. On y reconnaît l'influence de Bong John-Ho.

 

 

 

  • Kim ki-duk - Pieta

 

Avec Hong Sang-Soo, c'est l'un des réalisateurs les plus prisés dans notre pays, qu'il connait d'ailleurs à merveille. Reconnaissable pour un style très poétique, picturale et réalisme. Son cinéma n'évite pas les écueils de la violence, la solitude et du réalisme.

Il est de ses réalisateurs qui réalisent plusieurs films par an. À son palmarès : un ours d'argent, un Prix un certain Regard et Deux Lions D'or. Rien que ça.

 

Ses films les plus recommandables : Printemps, été, automne, hiver.... et Printemps / Samaria / Locataires

On aura l'occasion de découvrir Pieta, Lion d'Or à Venise le 10 avril

 

 

  • Lee Chang-Dong – Secret Sunshine

 

Le plus coréen des coréen, cet ancien ministre de la culture, devient cinéaste sur le tard et se fait découvrir par l'Occident avec son film Peppermint Candy. Son cinéma est une déclaration d'amour permanente à la culture coréenne. Il ne s'entiche pas de marques du cinéma occidental et signe des documents de vie extrêmement intelligent et subtile.

 

Son meilleur film Secret Sunshine raconte l'histoire d'une mère qui perd tour à tour, son mari, son fils ; et qui sombre dans la dépression, la religion puis la folie.

Un prix d’interprétation féminine pour la magnifique Jeon Do-Yeon.

 

     

 

 

  • Im Sang-Soo – L'ivresse de l'argent.

 

Im Sang-soo, le plus polémique, censuré et censurable cinéaste Sud-Coréen se distingue au début de sa filmographie par des films gravitant autour de la jeunesse, l'adolescence et la sexualité. Tout pour me plaire ; dans un style très expressionniste et radicale.

 

Il stylise son cinéma à partir d'Une femme coréenne pour aboutir à The Housemaid. Encore une fois, il tourne autour de l'adultère, des rapports de force et d'une sexualité dominante. Premier versant d'un diptyque. L'ivresse de l'argent (un titre qui fait clin d'oeil au film de Chabrol), le second versant sortira la semaine prochaine à Paris, beaucoup plus fort visuellement, artistiquement et complexe que le précédent. Un plaisir fou. Un casting de rêve : Kim Kang-Woo, Yun Yeo-Jung (une habitué du cinéaste) ou encore Hyo-jin Kim.

 

 

 

  • Kim Jee-Woon – J'ai rencontré le diable

 

Il en fallait bien un ; ce fut Kim Jee-Woon. De la grâce, de la violence ; beaucoup de violence. Le mal pour le mal ; l'action pour l'action ; le suspense pour le suspense ; la folie pour la folie. Il sort lui aussi un film prochainement Le Dernier Rempart avec le colosse républicain Schwarzy. Même si Schwarzenegger n'a pas la grâce et la beauté de ces héros habituels, ce film reste une jouissance en exposition.

Il a déjà signé deux chefs d'oeuvre de violence : The bittersweet life et I saw the devil.

 

 

 

 

Sans oublier tout ces cinéastes, de la même génération, trop peu distribués en France :

 

The Man from Nowhere – Lee Jeon-Beom

Areumdaun Cheongnyeon Jeon Tae-il – Park Kwang-su

My Sassy Girl – Kwak Jae-yong

Sur la trace du serpent – Lee Myung-se

My boss, My hero – Yun Je-gun

Le rêve – Bae chang-ho

Le chant de la fidèle Chunhyang – Im Kwon-taek

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