Le Top 20 d'Empreintes # 1 2012
Auteur: Chris B.
Date: 22/12/12
Le Top 20 d'Empreintes # 1
2012


Pour la dernière de l'année, le Top 10 d'Empreintes digitales se transforme en Top 20.


Les 20 meilleurs films de l'année, ceux que nous ont fait vibrer, transpirer, espérer, adorer ou encore détester. Des histoires d'amour, de jeunesse, de fin du monde, de maisons closes, mais avant tout... des histoires de cinéma.

 

 

 

 

 

 


Laurence Anyways de Xavier Dolan


 


Cogan : Killing Them Softly de Andrew Dominik

 

 


Rengaine de Rachid Djaïdani

 

 


Adieu Berthe : L'enterrement de mémé de Bruno Podalydès

 

 


Sauna on moon de Zou Peng

 

 


Skyfall de Sam Mendes

 

 


Millenium de David Fincher

 

 


Captive de Brillante Mendoza

 

 


De rouille et d'os de Jacques Audiard

 

 


Vous n'avez encore rien vu de Alain Resnais

 

 


Dans la maison de Francois Ozon

 

 


Saudade de Katsuya Tomita

 

 

Le ton est cru, violent, âpre, on y parle politique, société et souvenirs. Tourné sur un an. Ces trois heures de pur cinéma produisent un effet absolument gracieux. Intéressant à chaque fois, passionnant tout le temps, libre à chaque seconde, original, poétique, hilarant. Le cinéma indépendant nous offre une nouvelle fois un de ses plus beaux bijoux.

 

 


Après Mai de Olivier Assayas

 

 

"L'eau froide", "Fin août, début septembre" ou encore "Carlos", Assayas fait la synthèse d'une grande partie de sa carrière. Sur fond d'une bande son rock qui excite les sens, Assayas nous livre sa meilleure toile, l'apogée de son art. Une déclaration de poids à la jeunesse, l'engagement et les désillusions. Superbe.

 

 


Bullhead de Michael R.Roskam

 

 

Premier film du jeune réalisateur belge Michael R.Roskam, signe un film Scorsesien. Quand l'histoire mafieuse interfère dans le drame humain. Un milieu rurale belge comme jamais il n'a été filmé au cinéma. Un portrait de l'homme en bête sauvage, un film Kubrickien. Le film est à la hauteur de ses références, une démonstration de film noir où se confondent la tragédie et la violence. C'est un film Shakespearien. Une double naissance : M.R.Roskam et M.Schoenaerts.

 

 


The day he arrives (Matins calmes à Séoul) de Hong Sang Soo

 

 

Surement le meilleur réalisateur de la nouvelle vague Coréenne. Hong Sang Soo livre pour la énième fois une variation sur l'indécision amoureuse, la lâcheté des hommes, le Soju et le cinéma. Le Rohmer coréen qui tourne un film par an, progresse de film en film et retrouve la grâce de ses premiers films "Turning gate" ou "La femme est l'avenir de l'homme". Les films d'Hong Sang Soo sont simples, épurés, dans une économie de moyens et de mise en scène, mais disent tout du cinéma et de la vie.

 

 


The Dark Knight Rises de Christopher Nolan

 

 

Christopher Nolan a révolutionné le Blockbuster américain. Plus obscur, plus politique, moins manichéen, il a sublimé cette saga déjà extraordinaire à l'origine. L'ambiance y est apocalyptique, hypnotisante, transcendante, ce film est spectaculaire. Il clôt parfaitement la Saga. Il ouvre à la réflexion, l'interrogation, presque parfait dans son genre.

 

 

 


Les adieux à la reine de Benoit Jacquot

 

 

Benoit Jacquot signe ici l'un de ses meilleurs films, si ce n'est le meilleur. Il est depuis quelques films au sommet de son art. Il donne toute son étendue à sa direction d'acteurs, souvent fantastique. Un très beau portrait de femme comme il a pu le faire avec "Villa Amalia" ou "Au fond des bois". Jacquot retrouve une forme de cinéma moins radicale, plus populaire… il ouvre son cinéma, ce qui pour moi, le place au-dessus de son maitre, Robert Bresson.

 

 

 


Take Shelter de Jeff Nichols

 

 

On a souvent dit de Jeff Nichols qu'il était l'héritier formel de Terrence Malick. Ils travaillent avec les mêmes motifs sociaux-culturels, cependant le cinéma de Nichols est moins élégiaque, il est plus terrestre, âpre, proche de l'homme et non de Dieu. En cela, Nichols a fait de sa différence un atout. Le film est envoûtant, vertigineux, original… Il touche au sens et à la pensée. (Il confirme ma théorie démontrant qu'un film avec Jessica Chastain ne peut pas être mauvais)

 

 

 


La Taupe de Tomas Alfredson

 

 

Après "Morse", Tomas Alfredson nous refait le coup. La mise en scène la plus magistrale de l'année. Elle est cohérente avec son sujet, subtile, malicieuse, trouble, abstraite et à la fois très novatrice. On ressent les influences du cinéma Américain 70's de Pakula condensées en une forme très actuelle dans l'efficacité des plans, avec un goût admirable pour la bande son. Tout y est travaillé, des costumes au décor, des dialogues aux mouvements de caméra en passant par les jeux de lumières. C'est du grand Art. Une leçon de mise en scène.

 

 

 


Amour de Michael Haneke

 

 

Depuis "La pianiste", les films d'Haneke sont devenus des témoignages du pouvoir et de la beauté du cinéma. Après "Le Ruban Blanc" (certainement le plus grand film des dix dernières années), Haneke retourne à des névroses plus domestiques comme dans "Caché" ou "La pianiste". De son oeuvre, Haneke aura marqué l'histoire du cinéma et ce n'est pas terminé. Ce film n'est qu'un produit, qu'un diagnostic de plus prouvant la grandeur du cinéaste. Et pourtant, "Amour" réinvente... son film le plus poignant, le plus tendre. Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, c'est l'histoire d'amour de l'année.

 

 

 


Holy Motors de Leos Carax

 

 

Leos Carax est un poète, au même titre que Philippe Garrel ou JL Godard. Il suffit de revoir "Les amants du Pont-Neuf" ou "Mauvais Sang". Carax, en seulement cinq films, a inventé un genre cinématographique. "Holy Motors" en est sa plus pure émanation. on a dit beaucoup de choses sur ce film, personne ne peut en parler, il faut le voir, voir du cinéma libre, inventif, poétique, incroyablement drôle, émouvant, hypnotisant et surprenant. Contrairement à ce que certains critiques ont pu énoncer, ce film est d'une simplicité folle, il redonne le sourire de l'enfance. Rien d'égal n'avait été réalisé dans toute l'histoire du cinéma, c'est un objet historique. Le geste de Carax est un geste d'amour, d'amour de l'art. Il faut le saisir, ne pas le laisser s'échapper, au risque de passer à côté de la beauté.

 

 

 


 

Le voici, ce top 2012 Empreintes Digitales. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le cinéma n'est pas un art subjectif dans sa globalité.


Dans les différentes rédactions ou revues spécialisées, certains films reviennent sans cesse, comme des rengaines (Holy Motors, Amour, Take Shelter ou encore Les Adieux à la reine, ...) et témoignent d'une prise de risque, d'innovation, d'écriture ou d'un style qui nous a ébloui, nous les spectateurs et cinéphiles.


Même si cette année a été relativement hétérogène avec des productions merveilleuses et certaines qui ont frôlé le ridicule artistique, on ne retiendra comme d'habitude que les grandes claques reçues dans ces petites salles obscures.

 

J'aimerais finir néanmoins avec trois films... trois films inclassables... trois films qui à mon humble avis marqueront à jamais l'histoire du cinéma... trois films qui sont des objets de création extraordinaire... trois films qu'il faut se procurer, qu'il faut voir et revoir.


Des coups de coeurs de l'année, des films qui restent au coeur tout simplement.

 

Tabou de Miguel Gomes

 

 

 

 

Twixt de Francis Ford Coppola

 

 

 

 

Elena de Andrey Zvyagintsev