Le Top 10 d'Empreintes #3 Novembre
Auteur: Chris B.
Date: 04/12/12
Le Top 10 d'Empreintes #3
Novembre


Novembre, la fin de l'année approche.

A chaque fin de mois, Empreintes Digitales vous propose son Top 10 des films sortis ces dernières semaines, pour la plupart toujours à l'affiche.

Une année qui paraissait bien pauvre mais qui se rélève de semaine en semaine, riche et surprenante.

 

 

 

 


La Chasse de Thomas Vinterberg

 

 

Quatorze ans après Festen, Vinterberg s'interroge à nouveaux sur les relations entre l'individu et la communauté. Avec un prix d'interprétation à la clé pour Mikkelsen.

 


Au-delà des collines de Cristian Mungiu

 

 

Prix du scénario, double prix d'interprétation féminine pour ses comédiennes. Le réalisateur Roumain a de quoi être fier, pour un film assez desséché où il ne reste que de la mise en scène. Elle est néanmoins brillante.

 


Royal Affair de Nikolaj Arcel

 

 

Le film peut se résumer en deux mots : Alicia Vikander.
A part ca (ce qui est déjà beaucoup), Royal Affair, c'est un film historique qui ne se fout pas de nous (contrairement à Marie-Antoinette, pour ne citer que celui-là). L'histoire y est traitée avec une grande noblesse et subtilité. On peut déplorer l'académisme de la mise en scène.

 


Argo de Ben Aflleck

 

 

Ce qu'on aime chez Ben Affleck, c'est qu'il sait faire du cinéma Hollywoodien intelligent et intéressant. Après Gone baby Gone et The Town, il confirme ses talents de scénariste et de réalisateur.

 


Augustine de Alice Winocour

 

 

Augustine est un film tendu, comme son actrice principale. Son sujet est passionnant, la réalisatrice et son actrice le transcendent. Un beau film sur l'hystérie. A souligner les performances de Chiara Mastroianni (tout le temps géniale) et de Vincent Lindon. Une réalisatrice à suivre…

 


Les invisibles de Sébastien Lifshitz

 

 

Enfin un documentaire qui évite toutes les éceuils habituels du documentaire. Pas de manichéisme, pas de propagande, aucun mauvais choix, d'une drôlerie folle, un grand travail d'archive et de documentation. Du Depardon Gay. On y apprend beaucoup de choses, on fait des parallèles, le film nous amène à la réflexion. Lifschtz a non seulement soigné ses entretiens, mais aussi ses images, le film est d'une rare élégance, beauté et poésie. On vote "Pour"

 


Populaire de Regis Roinsard

 

 

Enfin ! J'ai souvent déploré la qualité des comédies françaises grand public (préférant les comédies d'auteurs). Ce n'est pas le cas de "Populaire", Roinsard connait ses comédies romantiques américaines sur le bout des doigts, mais arrive à préserver dans son film une singularité bien française. "L'identité", comme on l'appelle. C'est drôle, frais, pétillant, ca fait beaucoup de bien comme une coupe de champagne. Porter par d'excellents acteurs , Romain Duris, Déborah Francois et Bérénice Béjo au top ! (même Nicolas Bedos y est en forme)

 


Les lignes de Wellington de Valeria Sarmiento

 

 

Le casting parle pour lui : John Malkovic, Matthieu Amalric, Melvil Poupaud, Vincent Perez, Elsa Zylberstein, Soraia Chaves, Michel Piccoli, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Malik Zidi, Chiara Mastroianni, … Tous les acteurs fétiches de Raoul Ruiz  réunis pour lui rendre un dernier hommage. Au scénario, mais pas à la réalisation, les rennes ont été laissés à sa femme.La femme est l'avenir de l'homme, ça marche aussi pour le cinéma. C'est du Ruiz dans la veine "Des mystères de Lisbonne" avec ses longs travellings aériens, ses plans séquences flottants, ses intrigues bourgeoises, … mais avec une patte Sarmiento.
 

Quel bel hommage! C'est le film historique du mois, peut-être de l'année.
 

 

 


Rengaine de Rachid Djaïjani

 

 

Désolé pour les admirateurs de Vinteberg mais "Rengaine", c'est mieux que Festen. Plus tendu, plus âpre, plus proche des hommes, plus poétique, plus contemporain, Rengaine c'est du cinéma sauvage dans tout ce qu'il y a de plus pur, de plus beau, de plus brut. Ce sont des mots balancés sur une page, l'art brut fait de façon naïve.

Un conte contemporain, sans morale, sans manichéisme. Ce qui intéresse Djaïjani, c'est le cinéma… sa force et la vie.

Pas d'effet de lumière, de son, d'esthétisme. Sans moyen, tourné sur neuf ans, avec un art impérial de l'ellipse. Le réalisateur nous donne un film de boxeur, avec la même rage que dans ses écrits.
 

 

 



Après Mai de Olivier Assayas

 

 

Prix du scénario à la dernière Mostra de Venise, Après Mai est un film de jeunesse. Dans ses tournoiements, ses interrogations, ses attentes, ses découvertes. Tous les sujets qui me passionnent. Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, "Après Mai" sera certainement mon film de l'année. Il nous parle d'après 68, de l'après tout court. C'est le cinéma d'Assayas qui est en question, des motifs d'anciens films comme "L'heure d'été", "Carlos", "Fin septembre, début août", ou encore "L'eau froide". Assayas est arrivé à l'apogée de son cinéma, au meilleur. Il a appris après Carlos, s'est détaché du romanesque, s'intègre dans le cinéma comme un riff de guitare. C'est très grand "Après Mai", ça parle de nous.