La Comédie Américaine Où en est-on ?
Auteur: Chris B.
Date: 30/06/12
La Comédie Américaine
Où en est-on ?

La comédie américaine est-elle en train de mourir ? Après la sortie de "The Dictator", le constat est affligeant. Après 80ans de règne absolu qui a vu se succéder Blake Edwards, Howard Hawks, Ernst Lubitsch, les frères Farelly, Cohen et bien d'autres.

Aujourd'hui, la production américaine se caractérise majoritairement par des films: sans originalité, sans poésie et surtout de plus en plus régressifs à dimension putride.

Entre autres, les récents "Projet X", "American Pie 4", "Very Bad Trip 2", "Echange standard", "Ce qui vous attend si vous attendez un enfant" (je ne l'ai pas encore vu, mais je l'imagine déjà), "Happy new Year", …

Même si ces comédies restent quand même bien au-dessus de "Un bonheur n'arrive jamais seul", un film qu'on apparenterait à une forme de torture sous le Troisième Reich.

Pour sauver ce genre en déclin, retrouver le sourire, recommencer à vivre, aimer son prochain et son équipe de France, on vous conseille la filmographie de deux génies contemporains de la comédie américaine. Woody Allen, l'ancien et Judd Apatow, le nouveau.

 

                                            WOODY ALLEN
 

                                                                                      


Gaguesque et Balzacien, W.Allen nous a habitué pendant presque quarante ans à son film annuel. Comme un pianiste travaillant ses gammes, il n'a jamais cessé de raconter les mécanismes sociaux, les rapports amoureux dans un style de boulevard, vaudevillesque presque tragique pour nous dire que tout cela n'a absolument aucun sens. Regardons à nouveau (après Motus ou entre deux aces de Federer à Wimbledon, ça dépend de l'heure à laquelle on se lève) "Annie Hall", "Manhattan" ou encore "Tout le monde dit I Love You".

On aime Woody Allen parce que c'est un névrosé obsessionnel, un punk déjanté (n'oublions pas que nous parlons d'un homme qui a épousé sa fille adoptive), un loser magnifique bref il nous ramène à notre propre condition de raté.

Comme Hitchcock, Truffaut, Bergman ou encore Marc Dorcel, W.Allen a compris avec Diane Keaton, Mia Farrow, Penelope Cruz ou Scarlett Johansson que le cinéma, c'était aussi et surtout un corps féminin, ces êtres hybrides habituellement rétrogradés aux tâches ménagères et à l'entretien du foyer (enfin c'était avant, bien avant la naissance de Marion Maréchal LePen).

A 70 ans, il commence à se lâcher et assumer son art, il expérimente l'Europe, dialogue avec ses maîtres, essaie de nouvelles choses dans son cinéma (en particulier avec "Vicky, Cristina, Barcelona" qui reste à ce jour, le Woody Allen le plus ouvertement sexy et sensuel), et prend la posture de ce vieux touriste de Saint-Michel en bermuda-claquette qui photographie les filles en jupes à la place de L'église Notre dame.

Ses films sont indécis, imparfaits, n'ont aucun sens, mais disent tout de la vie…  ils nous ressemblent.


"To Rome With Love", sortie 4 Juillet 2012
 

 



 

                             JUDD APATOW
                                                                

                                                                            

D'abord, commençons par regarder les chiffres (c'est mon côté Eric Zemmour), ils sont incontestables : 310 millions de dollars de recettes pour ses films réalisés, 1,3 milliards pour ses films produits et 716 millions pour ses films scénarisés.

Judd Apatow est de "ces gens-là" qui ont de l'or dans les mains et dans la tête. Certains veulent être Mark Zuckerberg, moi je veux être Judd Apatow. A son tableau de chasse, on compte en tant que réalisateur, producteur ou scénariste  "40ans toujours puceau", "En cloque, mode d'emploi", "Funny People", "Super Grave", "Frangins malgré eux", "Mes meilleures amies", "American Trip", …

J.Apatow a révolutionné la comédie américaine avec une science absolue de la vanne. Bien entendu, une révolution ne se fait jamais seul, il est accompagné d'une troupe de comédiens admirables (pour certains issus du One man show), en tête Seth Roggen, Paul Rudd, Jonah Hill, Adam Sandler ou encore Jason Segel.

Ce qu'on aime dans son cinéma : sa beaufitude assumé, mais aussi son raffinement, sa bonté, ses personnages de crétins immatures ou d'hommes-enfants qui ne veulent pas grandir (auxquels on s'identifie très rapidement)… sans exagérer, j'aime absolument tout chez Judd Apatow, même son chien.

Bien sûr, contrairement à Woody Allen, il n'y a pas de trace d'idée profonde ou conceptuelle sur le cinéma. C'est de la pure comédie, de la vanne, de la vulgarité, de la loufoquerie avec subtilité et intelligence. Un film d'Apatow, c'est comme relever délicatement au-dessus des épaules la chevelure gracieuse d'une délicieuse jeune fille en train de gerber.


Bande annonce "En cloque Mode d'emploi"
 

 


Petite sélection parmi les films des deux réalisateurs pour bien rigoler en ce début juillet :

- Whatever Works
- Annie Hall
- Midnight in Paris
- Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander) — Everything You Always Wanted to Know About Sex (But Were Afraid to Ask)
- Match Point
(parce que c'est le plus beau film de Woody Allen et pour Scarlett Johansson)
- SuperGrave
- Rien que pour vos cheveux (You Don't Mess with the Zohan)
(énorme Coup de coeur)
- En cloque, mode d'emploi
- Frangins malgré eux
- Mes meilleures amies