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SomethingALaMode: Interview

15/12/2009 2700 lectures
SomethingALaMode
SomethingALaMode: Interview

SomethingALamode est un des groupes prodiges qui révolutionne l'électronique française pour qu'elle reste aussi attrayante que la période French Touch. A l'heure où la new wave s'épuise et s'écrase, le talent est mis en valeur dans de nouveaux projets, de nouveaux concepts. Thomas Roussel et Yannick Grandjean, les deux instrumentistes de SomethingALaMode, l'ont bien compris. Un projet plein de réussite et d'innovation résumé dans un premier album superbe, sortit il y a maintenant quelques mois. Deux mots résument parfaitement leur musique: électronique et corde. En effet ce groupe est composé d'un violoncelliste, Yannick, et d'un violoniste, Thomas, qui touchent à l'électronique pour donner au classique, un air de Dancefloor. A l'occasion d'une courte rencontre autour d'une bière, j'ai pu rencontrer la moitié du groupe pour une petite discussion histoire d'en savoir un peu plus. Avec ceci un remix en exclusivité du titre Paint Your Face de Sliimy. Rencontre avec le violoncelliste Yannick Grandjean:

 

Pourrais-tu présenter vos parcours respectifs. On a envie de savoir à qui on a à faire.

On a d’abord tous les deux commencé au conservatoire de Dijon. Thomas a débuté à 4 ans, moi à 5 ans. On a fait toutes nos classes là-bas: violon, violoncelle, orchestre, musique de chambre, composition et harmonie. Ensuite, moi, j’ai fini ma formation classique à Paris et j’ai fait beaucoup d’orchestre à la fin du conservatoire entre 16 et 20 ans. Thomas, lui, a terminé son cursus à Paris par de la composition. Il a étudié l’harmonie et l’orchestration. Ca c’est notre formation classique.

Et comment vous êtes-vous rencontrés?

On jouait dans le même orchestre à Dijon. Thomas au violon, moi au violoncelle. Un orchestre est organisé comme un demi-cercle. Les violons sont situés en face des violoncelles. Donc on se voyait tout le temps, on se faisait des clins d’oeil et on matait les seins des filles. Ensuite on a joué ensemble. En 2000 on a fait une jam session (session d’improvisation) à la fin d’un concert. C’est à ce moment là que le déclic est survenu. Alors que ça faisait une dizaine d’années qu’on se fréquentait.

C’était le point de départ de votre groupe? Les productions ont suivies?

En 2001, on a commencé à faire nos premiers titres électroniques, vraiment garage. On a fait deux ou trois maquettes à la con. Pas du tout dans le même style que nos productions d’aujourd’hui. Et on jouait dans une autre formation de musique de chambre. On s’est rencontré pour jouer dans des ambiances vraiment classiques, jazz ou tango. Par ailleurs, comme on adorait tous les deux l’électronique, on a fait ces deux maquettes.

Comment s’est passé cette évolution entre ces petites maquettes et la musique d’aujourd’hui?

Thomas a bossé avec Jeff Mills en 2005 sur l’album Blue Potential. Il a arrangé toute la partie orchestrale de l’album. C’était l’impulsion qui nous fallait pour notre départ. Dans la foulée, notre premier véritable titre a été produit. C’est le titre By Your Side qui est maintenant présent sur l’album. C’est à ce moment là qu’on a commencé à mélanger corde et électronique. On a, du coup, continué dans cette voie là. 

 

 

"On écoute plein de choses et pas seulement de l’électronique ou du classique. La tendance du moment est au métissage"

 


D’où viennent vos influences dans l’électronique?


Ce n’est pas très précis, mais on a toujours aimé l’électronique. A 15 ou 16 ans, on sortait, avec Thomas, dans une boîte de Dijon qui s'appelait l’An-Fer. Les Daft Punk et Laurent Garnier sont notamment passés par là. C’est notre influence électronique car on était des habitués. Mais sinon, on écoute plein de choses et pas seulement de l’électronique ou du classique. La tendance du moment est au métissage

Votre première grande rencontre en tant que groupe: Rebotini. Comment cela s’est déroulé?

C’est une rencontre assez marrante. On a rencontré notre producteur, Chris (de chez Yellow), en Septembre 2008, lors de la Techno Parade. Après quelques suites, il nous a proposé d’être signé sur Yellow. On cherchait quelqu’un pour encadrer nos sons. On a tout de suite pensé à Rebotini pour sa culture et son expérience. On a changé tous nos plugins de synthétiseurs pour les remplacer par les vieux synthétiseurs de l’époque qu’il a utilisé pour Music Components.

 

 


Jeff Mills et Thomas Roussel en studio

 


Ensuite vous avez remixé le titre de Mnll?

On a commencé à faire un titre, pour le fun, qui ne sortira pas pour l’instant. Et Arnaud nous a donné un titre en sortant du studio, qui s’appelle Mnll. Pour la petite histoire, Mnll veut dire Manuella, qui est le prénom de sa femme. Et on aime beaucoup sa femme. En tout bien tout honneur, bien sûr. C’est pour ça que l’on est partit sur ce titre.

Comment s’est passé la rencontre avec le grand Karl Lagerfeld? Le défilé Chanel à Venise?

Tout vient de notre nom, comme si on se croyait à la mode. On travaille avec Olivier Bobin qui, en l'occurrence, crée des robes pour Lady Gaga. Il travaille aussi dans l’illustration sonore pour Michel Gaubert qui est le sound designer de Chanel. On a donc réussi à faire écouter nos maquettes à Michel Gaubert. Il a playlisté un de nos titres au défilé Chanel de Janvier 2009. Karl Lagerfeld a beaucoup apprécié. Et on a pu le rencontrer à  cette occasion. Il voulait réinventer le scénario de Mort à Venise et voyait deux instrumentistes avec un mélange baroque, classique-électro. Ca collait parfaitement. Un très bon souvenir.

 

 

"On a pas l'impression de transgresser une loi du classique tout simplement parce qu'on le fait"

 


Et comment s’est-il retrouvé sur le titre RondoParisiano?

Karl possède un studio photo dans le 6e arrondissement de Paris. On l’a vu là-bas et on lui a mis un micro sous le bec. Et la discussion avec lui a duré une heure et demi. C’était bien sûr convenu avant. On l’a titillé sur des sujets mode-musique. On a parlé vraiment de tout. La voix a été passée au début du défilé. Comme ça a fait sourire tout le monde, il a bien voulu que l’on garde la voix pour le titre. Et il est maintenant dans le clip.

Quelle est votre configuration de live, pour ceux qui ne connaissent pas?

On a un ordinateur et trois synthétiseurs. On voulait pas faire un «live laptop» car comme on vient du classique, les vrais moments de bonheur, c’est quand on joue. On a joué toute notre vie et faire tourner des boucles, c’est vraiment pas notre truc. Et bien sûr nos deux instruments avec quelques effets numériques.

Le prochain Ep devrait apparaître quand? Et surtout quel est le titre choisi et son histoire?

On a choisi le titre 5 Am avec K-Flay. Anciennement, ce titre s’appelait Paris Make Me Feel Like Dancing. On a ensuite trouvé K-Flay sur MySpace et sa voix nous plaisait beaucoup. Et on entrain de travailler pour aller la voir, ou pour qu’elle vienne ici. Et ensuite faire des lives avec elle. On reçoit des remixes en ce moment pour l’Ep. 

 


SomethingALaMode à Venise

 



Vous avez prévue une tournée?

L’ambition ne manque pas. Mais on attend déjà que l’album sorte officiellement aux Etats-Unis pour penser sérieusement à ça. On chercher un tourneur en ce moment. On est déjà content, on a fait de belles dates à Paris et on vient même de faire une date à Istambul. Mais ce n’est encore que le début.

Dernière question, que je trouve assez importante pour vous et votre carrière. Pour le genre classique qui est quand même un genre très fermé: pensez-vous transgresser une loi en mêlant électronique et classique?

Je pense pas non. On a pas l’impression de le faire tout simplement parce qu’on le fait. La plus grosse caution que l’on a, c’est la caution classique. On fait de la production électronique depuis peu. En classique, je n’ai aucun problème à disserter, à parler. C’est notre influence première et on veut pas voir la musique classique comme une musique morte qui n’évolue pas. Ensuite il existe des puristes. Mais on a pas leur avis pour l’instant. Soit ils ne connaissent pas notre projet, soit ils se taisent. Mais on a pas encore eu de critiques du milieu classique.

Merci beaucoup pour cet entretien très instructif.

Merci à toi!

 

 

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